L’apprentissage change de cycle. Le supérieur recule.
Après plusieurs années de forte expansion, les données 2025 montrent un retournement national, particulièrement marqué dans l’enseignement supérieur. Cette étude replace ce signal récent dans la structure du marché francilien et distingue ce que l’on sait de ce que l’on ne sait pas encore mesurer.
La croissance s’est interrompue. Le supérieur est le plus touché.
Les données les plus récentes disponibles décrivent un retournement en 2025. Elles sont nationales pour les évolutions par niveau de diplôme, et régionales pour le stock d’apprentis en Île-de-France.
Changer de focale
Même période, trois indicateurs différents. Les boutons évitent de mélanger stocks, entrées et niveaux de formation.
Les entrées en contrat reculent aussi
France entière · secteurs privé + public · contrats commencés dans l’année.
−5 % sur un an
Source : DARES, Système d’information sur l’apprentissage. Le volume 2025 est une première estimation publiée en février 2026.
Le supérieur ne recule pas partout au même rythme
France · évolution 2025 par rapport à 2024.
DEPP, 2025. Niveau 6 : licences −7,2 %, BUT −5,1 %, autres diplômes de niveau 6 −10,7 %. Les niveaux 7–8 sont presque stables grâce notamment aux masters (+1,8 %) et diplômes d’ingénieur (+2,1 %).
Le cadre financier a changé
Ces mesures modifient le coût et l’incitation à recruter. Elles ne prouvent pas, à elles seules, la cause d’une difficulté individuelle à trouver une alternance.
Pour chaque contrat visant une formation de niveau 6 ou 7, soit Bac+3 et plus.
Niveaux 6–7 : jusqu’à 2 000 € pour une entreprise de moins de 250 salariés, 750 € pour 250 salariés et plus.
La DEPP compte les apprentis accueillis en CFA au 31 décembre (enquête SIFA), tandis que la DARES suit notamment les contrats d’apprentissage en cours ou commencés (SIA). Ce ne sont pas exactement les mêmes unités statistiques. La V3 conserve donc chaque chiffre avec sa source, sa date et son périmètre.
2024 reste notre microscope sur le marché francilien.
Les données 2025 donnent la direction récente, mais la DRIEETS 2024 offre encore le niveau de détail le plus riche pour comprendre les spécialités, les profils, les employeurs et la géographie de l’apprentissage en Île-de-France.
Elles restent précieuses pour comprendre où et dans quelles spécialités se concentraient les contrats, mais elles ne doivent plus être utilisées seules pour décrire la conjoncture de fin 2026.
Les spécialités les plus présentes
Part des contrats d’apprentissage 2024 par spécialité de formation en Île-de-France.
Source : DRIEETS Île-de-France, Synthèse thématique n°114, tableau 2. Échelle visuelle : 0 à 25 % pour rendre les écarts lisibles ; les valeurs affichées restent les parts exactes du total.
Qui sont les apprentis franciliens ?
Quelques caractéristiques des contrats enregistrés en 2024.
Le marché francilien de l’apprentissage est donc très marqué par l’enseignement supérieur, mais les données agrégées ne permettent pas d’isoler directement la difficulté de recherche d’un étudiant Bac+3/Bac+5 dans une spécialité donnée.
Source : DRIEETS Île-de-France, Synthèse thématique n°114, tableau 3. Pour la taille des employeurs, 52,4 % est calculé à partir de 33,3 % (0–9 salariés) + 19,1 % (10–49 salariés). Le texte narratif de la même publication mentionne 47,6 %, valeur incompatible avec son tableau ; le dashboard retient donc le tableau détaillé.
Le marché francilien n’est pas réparti également.
Sélectionne un département pour comparer son volume, son poids régional et sa dynamique entre 2023 et 2024.
Les barres sont mises à l’échelle sur la valeur la plus élevée du classement affiché.
Source : DRIEETS Île-de-France, Synthèse thématique n°114, tableau 1. Les évolutions totales sont recalculées à partir des effectifs privé + public de 2023 et 2024.
Paris
Département 75
Paris concentre à lui seul environ un tiers des contrats franciliens, mais sa croissance est plus modérée que celle de plusieurs départements de petite couronne et de grande couronne.
La difficulté n’est pas seulement d’entrer. C’est aussi de tenir.
La conjoncture 2025 ajoute un nouveau signal de tension, surtout dans le supérieur. Mais les données officielles documentent encore mieux les contrats signés et les ruptures que la difficulté de recherche elle-même.
Hausse du taux de rupture en Île-de-France
Entre 2020 et 2023, le taux de rupture au cours des neuf premiers mois du contrat augmente de 8,4 points en Île-de-France.
IDF · évolution 2020→2023Des contrats rompus dans les neuf premiers mois
Au niveau national, 22 % des contrats commencés en 2024 sont rompus dans leurs neuf premiers mois.
France · contrats débutés en 2024Quand la recherche du premier employeur est jugée difficile
Dans la cohorte nationale étudiée, 39 % des apprentis ayant jugé cette recherche difficile rompent au moins un contrat au cours de la première année et demie, contre 33 % lorsque la recherche n’est pas jugée difficile.
France · primo-entrants 2018 · CAP à Bac+2 · fenêtre de 18 moisLe premier est régional, le deuxième national et récent, le troisième national et fondé sur une cohorte 2018 de niveau CAP à Bac+2. Ils éclairent des dimensions différentes du parcours, sans mesurer directement la difficulté actuelle d’un étudiant francilien Bac+3/Bac+5 à obtenir son contrat.
Ce que les chiffres disent. Et ce qu’ils ne disent pas.
Cette séparation est volontaire : elle évite de transformer des données générales en conclusions individuelles trop rapides.
✓ Ce que l’on peut soutenir
- 1En 2025, les effectifs d’apprentis baissent en France pour la première fois depuis dix ans.
- 2Le recul est plus marqué dans l’enseignement supérieur, surtout au niveau 6.
- 3L’Île-de-France reste la première région en volume avec 252 800 apprentis au 31 décembre 2025.
- 4La structure francilienne 2024 était très orientée vers les services et certaines spécialités, tandis que les ruptures à neuf mois avaient fortement augmenté entre 2020 et 2023.
≠ Ce que ces données ne démontrent pas
- 1Le nombre moyen de candidatures nécessaires pour décrocher une alternance.
- 2Le ratio candidats/offres pour un Bac+3/Bac+5 en commerce, management ou marketing en Île-de-France.
- 3Que la réforme du financement 2025–2026 est, à elle seule, la cause du recul du supérieur ou des difficultés vécues par les candidats.
- 4La part exacte des refus liée au rythme d’alternance, au coût employeur, à l’expérience demandée ou au calendrier.
1. Périmètre avant interprétation
Chaque indicateur conserve son territoire, son année et sa population. Une donnée France entière n’est pas présentée comme une donnée francilienne.
2. Pas d’extrapolation silencieuse
Les données tous niveaux ne sont pas utilisées pour fabriquer artificiellement un « taux de réussite » des Bac+3/Bac+5.
3. L’absence de donnée est une information
Quand un sujet important n’est pas mesuré officiellement, il est indiqué comme angle mort plutôt que remplacé par une estimation fragile.
Une petite boîte à outils, pas le cœur de l’étude.
Trois fonctions pratiques pour mettre les données en perspective avec sa propre recherche.
Suivi personnel de candidatures
Tes propres taux, sans les confondre avec un taux de marché.
Estimation de rémunération minimale
Base SMIC brut mensuel : 1 867,02 €. Le minimum conventionnel peut être supérieur.
Estimation indicative. Vérifier la convention collective, la progression dans le cycle et les cas particuliers sur Service-Public.fr.
Checklist avant candidature
0 % complété
Des sources récentes, mais jamais mélangées sans précaution.
Les données principales ont été revérifiées le 1er octobre 2026. La V3 sépare explicitement stock d’apprentis, contrats commencés, structure 2024 et mesures de financement.
1 020 400 apprentis en France, −2,8 % sur un an ; supérieur −4,5 % ; niveau 6 −8,9 % ; Île-de-France au premier rang avec 252 800 apprentis.
France + régions · stock au 31/12/2025846 700 contrats commencent en 2025 (−5 % sur un an) et 1 017 500 contrats sont en cours au 31 décembre 2025. Cette source fournit aussi les taux de rupture.
France · contrats · 2025Données de suivi mensuelles, trimestrielles et annuelles, disponibles aux niveaux national, régional et départemental. Page mise à jour le 28 août 2026, avec tableau de juin 2026.
Conjoncture · jusqu’à juin 2026217 954 contrats en 2024, +5,2 % dans le privé, −6,3 % dans le public et hausse de 8,4 points du taux de rupture à neuf mois entre 2020 et 2023.
Île-de-France · structure 2024Source détaillée des graphiques 2024 : départements, spécialités de formation et caractéristiques des contrats.
SIA-DARES · traitement DRIEETSParticipation obligatoire de 750 € pour l’employeur sur les contrats préparant un diplôme ou titre de niveau 6 ou 7.
Financement · depuis le 01/07/2025Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026 : niveaux 6–7, jusqu’à 2 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés et 750 € pour celles de 250 salariés ou plus.
Aides · contrats 2026Cohorte de primo-entrants 2018, CAP à Bac+2 : 39 % de rupture d’au moins un contrat sur 18 mois lorsque la recherche du premier employeur est jugée difficile, contre 33 % sinon.
France · cohorte 2018Barème de rémunération et règles générales applicables au contrat d’apprentissage.
Ressource pratiquePlateforme publique de recherche d’offres et de pistes de candidatures spontanées.
Ressource pratique